- L'EXCLUSION DES SOINS MEDICAUX EN BELGIQUE -
L'ACTION DE MEDECINS DU MONDE 
EN FAVEUR DES SDF ET DES SANS-PAPIERS

 

 

 
DOSSIER DE PRESSE Médecins du Monde

SOMMAIRE 
 
 
q                          SECURITE SOCIALE ET ACCES AUX SOINS POUR TOUS EN BELGIQUE 

·         La pauvreté, première cause du renoncement aux soins

·         Deux groupes laissés pour compte : les 'SDF' et les 'sans-papiers'.

·                Médecins du Monde : témoigner et agir
 
q                          LES 'SDF' EN BELGIQUE & L'ACCES AUX SOINS MEDICAUX 

·         Qui sont les 'SDF' en Belgique?

·         Comment devient-on 'SDF'?

·         Les 'SDF' parviennent-ils à se réinsérer?

·         Accès aux soins médicaux pour les 'SDF'

·         Quels sont les besoins?

 
q                          LES 'SANS-PAPIERS' EN BELGIQUE & L'ACCES AUX SOINS MEDICAUX

·         Qui sont les 'sans-papiers' en Belgique?

·         Accès des 'sans-papiers' aux soins médicaux

·         Que se passe-t-il en en réalité?

·         Quels sont les besoins?

 
q                          L'ACTION DE MEDECINS DU MONDE POUR L'ACCES DES 'SDF' A LA MEDECINE GENERALISTE  

·         Les objectifs

·         La mission

·         Le lieu et les horaires

·         les volontaires

·         Les résultats actuels

 
L'ACTION DE MEDECINS DU MONDE POUR L'ACCES DES 'SANS-PAPIERS' 
ET DES 'SDF' A LA MEDECINE SPECIALISEE 

·         Les objectifs

·         La mission

·         Le lieu et les horaires

·         les volontaires

·         Les résultats actuels

 

q       TEMOIGNAGES

 
q                          EN SAVOIR PLUS SUR MEDECINS DU MONDE

 SECURITE SOCIALE ET ACCES AUX SOINS POUR TOUS EN BELGIQUE 

 

Malgré une bonne organisation globale, le système d'assurance santé mutualisé en Belgique présente encore des failles. En principe notre sécurité sociale devrait permettre à chacun d'être soigné quand cela est nécessaire. En réalité un nombre important de personnes, soit parce qu'elles ne disposent pas des ressources suffisantes, soit parce que leur situation administrative n'est pas en règle, ne reçoivent pas les soins médicaux dont elles ont besoin.  Aujourd'hui, le  droit pour chacun d'avoir accès aux soins de santé n'est donc pas encore pratiquement assuré en Belgique.

 

La pauvreté, première cause du renoncement aux soins

 

"Toute personne a droit à un niveau de vie suffisant pour assurer sa santé. "

(art. 25 de la Déclaration Universelle des Droits de l’homme)

 

La pauvreté est la première cause qui explique qu'aujourd'hui encore de nombreuses personnes ne se font pas soigner quand cela est nécessaire.

Le revenu d'intégration sociale (583,66 Euros par mois pour une personne isolée) ne permet pas de couvrir la totalité des besoins fondamentaux des personnes qui en bénéficient et les laisse bien souvent dans une grande précarité.

Les pauvres épargnent en effet sur les soins de santé, ne consultent souvent pas le médecin à temps, n’achètent pas les médicaments qui leur sont prescrits parce qu’ils ne sont pas en ordre par rapport à l’assurance maladie, ou parce que le ticket modérateur lui-même est déjà trop élevé pour eux.

D’après une récente étude menée par les mutualités socialistes[1], 32% seulement des gens interrogés en Belgique n’auraient aucun problème d’accès aux soins alors que 43% d’entre eux auraient déjà renoncé à des soins par faute d’argent. Concernant les renoncements aux soins, les catégories les plus citées sont la consultation de médecins spécialistes, de dentistes orthodontistes et l'achat de médicaments, suivies de près par la consultation de médecins généralistes. Ces reports sont bien évidemment dus au manque d’argent mais d’autres facteurs comme le manque de temps, la négligence, la crainte, les difficultés de déplacement, etc…entrent également en ligne de compte.

 

Deux groupes laissés pour compte : les 'SDF' et les 'sans-papiers'.

 

La situation est pire encore pour deux groupes particuliers de la population, qui passent souvent 
entre les mailles du filet de protection sociale : les 'SDF' (sans domicile fixe) et les 'sans-papiers' 
(ou 'clandestins').

Force est de constater que, dans certaines situations, l'aide octroyée par le CPAS n'est plus une aide inconditionnelle en l'absence de ressources. Certaines situations telles que l'absence de « statut » (pour les 'sans-papiers') ou l’absence de domicile (pour les 'SDF') peuvent être sanctionnées par un refus de toute aide, laissant les personnes dans le dénuement absolu.

 

Médecins du Monde : témoigner et agir
 
Il ne faut cesser de rappeler cette situation aux responsables politiques et sociaux, pour qu'ils travaillent 
à faire en sorte que plus aucune personne en Belgique ne soit privée des soins médicaux qui lui sont 
nécessaires.
Dans l'immédiat, il faut aussi agir concrètement. C’est pourquoi Médecins du Monde organise actuellement deux consultations gratuites à Bruxelles :
-                 l'une de médecins généralistes, destinée aux 'SDF'
-                 l'autre de médecins spécialistes, destinée essentiellement aux 'sans-papiers'.
 

LES 'SDF' EN BELGIQUE & L'ACCES AUX SOINS MEDICAUX
 
 
Qui sont les 'SDF' en Belgique?
 
On trouve actuellement des personnes de tous les âges et de toutes les origines dans les rues. 
Certains, désespérés, ont déjà tout tenté pour s’en sortir. 
D'autres traversent une mauvaise passe et ont besoin de recevoir une aide temporaire pour retrouver 
leurs marques. D'autres encore sont en Belgique depuis peu et sont prêts à s'intégrer dans la vie 
sociale si on leur en laisse l'opportunité. 
La population des 'sans domicile fixe' n’est pas, comme on le croit parfois, uniquement composée de 
personnes étrangères. Le 'SDF' est souvent aussi un homme ou une femme d’une cinquantaine d’année
d’origine belge, arrivé(e) en bout de course avec le sentiment d'avoir raté sa vie affective, familiale et 
professionnelle. Le nombre de femmes est plus important qu'on ne le pense. 
Dans les locaux d’hébergement du CASU (Centre d'Action Sociale d'Urgence) accueillant en première 
urgence les personnes qui se retrouvent à la rue, la population féminine est pratiquement aussi importante 
que la population masculine. De plus en plus, on rencontre aussi des familles entières qui, ne pouvant plus 
payer leur loyer, se retrouvent dehors. 
Malgré les structures d’accueil existantes, beaucoup de ces personnes en difficulté sont encore à la rue et 
doivent se contenter d’une gare ou d’une station de métro pour se reposer et se réchauffer.
 
Comment devient-on 'SDF'?
 

Deux tentatives d’explication s’affrontent : une approche individuelle et une approche plus structurelle. La première explication attribue l'origine de la perte d'un domicile fixe à des causes individuelles comme la maladie, l'alcoolisme, l'absence de diplôme, une famille trop nombreuse, une origine sociale défavorisée, etc… La seconde explication quant à elle pointe plus globalement le chômage, la crise, les tensions sur le marché du logement, etc…

En réalité, si des personnes se retrouvent à la rue, ce n’est  ni exclusivement à cause du chômage, ni uniquement en raison de facteurs individuels. C’est une combinaison de ces facteurs qui place la personne en difficulté dans cette spirale d’où il lui est si pénible de sortir. Lorsque l’on a décroché administrativement et que l’on se retrouve exclu des structures sociales, il est en effet très difficile de retrouver une place dans le système. Les démarches sont laborieuses et sans aide, ces personnes victimes de l'exclusion sociale n’arrivent pas à s’en sortir.

              

Les 'SDF' parviennent-ils à se réinsérer?
 
Il est très difficile pour les 'SDF' de se réinsérer. 
Ceux qui correspondent au profil type « Belge d'une cinquantaine d'années » sont en général en bout de 
course et ont déjà tout essayé pour s’en sortir. Lorsque l’on n’a plus rien, plus d’emploi, plus de famille, 
plus de maison, il est terriblement difficile de tenter de se réinsérer dans la société. 
Sans domicile et sans vêtements corrects, il est souvent impossible de trouver un emploi. 
Quant à trouver un domicile, rien n'est moins évident. 
 
Les 'sans-abri' vivent en effet au jour le jour et n’ont pas souvent l’occasion de faire des économies. 
Avancer une garantie de trois mois pour un appartement n'est pas envisageable pour eux.
Des structures d'accueil peuvent dans certains cas donner aux 'sans-abri' un lieu de résidence de manière 
ponctuelle. Elles peuvent également compter sur des assistants sociaux qui recherchent avec les 'SDF', 
qui en ont la capacité, les moyens de s'intégrer dans une commune et de bénéficier ainsi de l'aide du CPAS.
 
 
Parmi ces structures[2], citons le CASU[3] (Centre d'Action Sociale d'Urgence) qui accueille en 
premier recours les personnes qui se retrouvent à la rue (le CASU ne peut toutefois accueillir qu'un maximum 
de 50 personnes par nuit). Citons aussi « La Fontaine »[4], une organisation caritative belge qui propose 
des équipements et des services d'hygiène gratuits à Bruxelles. 
 
Accès aux soins médicaux pour les 'SDF'
 
Les 'SDF' peuvent consulter gratuitement un médecin généraliste auprès de certains centres ou certaines 
maisons médicales qui les acceptent (mais ce n’est pas une obligation). 
Par ailleurs, les hôpitaux publics sont obligés de prendre en charge un 'sans-abri' si celui-ci se présente à 
une consultation d’un spécialiste
Dans la réalité, tout ne se passe pas aussi simplement. Les 'SDF' sont mal perçus, ils sont dévisagés en 
rentrant dans la salle d’attente, ils sont trop nerveux pour pouvoir patienter, ils ont peur, si bien qu’en 
général ils sont sortis de l’hôpital avant même d’avoir été examinés.
Résultat : ce n'est généralement que dans les cas de pathologies graves que les 'SDF' sont soignés en 
urgence par l’hôpital public. 
 
Quels sont les besoins?
 
En dehors des cas d'extrême urgence (soignés à l'hôpital public), les 'SDF' doivent pouvoir accéder aux 
soins médicaux de base et pouvoir être suivis préventivement.
Les besoins en matière de soins médicaux sont nombreux car les personnes vivant dans la rue sont 
davantage sujettes aux maladies chroniques et autres infections. 
Or des pathologies bénignes peuvent vite dégénérer du fait de l’absence de soins.
Ces personnes en grande difficulté ont également besoin de se sentir en confiance lorsqu'elles consultent 
un médecin,  alors que les grandes structures hospitalières peuvent leur sembler hostiles. 
Elles ont besoin d'une écoute attentive, d'un dialogue avec des médecins qui ne les jugent pas et qui 
comprennent leurs conditions particulières de vie. 
 
L'ACTION DE MEDECINS DU MONDE POUR L'ACCES DES 'SDF' A LA MEDECINE GENERALISTE  
 
Les objectifs
 
Population concernée : les 'sans-abri'
 

·Offrir la consultation gratuite d'un médecin généraliste.

·Soigner les affections courantes.

·Ecouter, rassurer, orienter, si nécessaire, vers les assistants sociaux.

·Détecter de façon précoce les pathologies risquant d'évoluer en pathologies lourdes.

·Référer, si nécessaire, les patients vers la consultation gratuite de spécialistes organisée par Médecins du Monde (voir ci-après) ou, cas extrêmes, vers les hôpitaux publics.

·Rappeler des notions élémentaires (éducation à la santé).

 
La mission
 
En Belgique, l'extrême pauvreté s'étend. Les 'SDF' souffrent souvent de traumatismes liés à leur vie dans la 
rue. Ils ne consultent généralement pas de médecin, même s'ils sont frappés par la maladie. Leurs soucis 
prioritaires sont en effet de manger, s'abriter, se protéger du froid, éviter l'agressivité de la rue.
Conséquence : des pathologies plus ou moins sévères risquent de dégénérer en pathologies lourdes. 
Le CASU (Centre d'Action Sociale d'Ugence, ex-Samu Social) permet de fournir un logement d'urgence aux 
sans-abri et de les guider, le cas échéant, vers d'autres structures d'accueil. Au départ le CASU délivrait 
aux 'SDF' des soins infirmiers. Les soins délivrés sur place étaient donc très limités car ils n’avaient pas de 
médecins compétents pour leur assurer des soins médicaux. 
Médecins du Monde s’est donc proposé pour délivrer des soins dans les locaux du CASU. 
Depuis 3 ans, MdM y dispose donc d’un local aménagé en salle de consultation. 
4 Médecins se relaient afin d’assurer une consultation 2 à 3 fois par semaine.

Les gens y viennent en grande partie dans le but d’y être écoutés et de pouvoir se confier. Les médecins bénévoles font là un formidable travail d’écoute. En cas d’urgence, les 'SDF' sont  emmenés vers les structures publiques mais, si c’est moins urgent, ils sont envoyés à la consultation de spécialistes également organisée par MdM.

 

Les pathologies prédominantes relèvent des domaines suivants :

1.       neuropsychiatrie (insomnie, anxiété, syndrome dépressif, psychose, etc)

2.       dermatologie (plaie, abcès, eczéma, allergies, parasitoses, gale, poux , etc)

3.       pneumologie (infection respiratoire aiguë)

4.       ostéo-articulaire (séquelles traumatiques, arthrose, arthrite, névralgies, etc)

 
Les médicaments sont dispensés en quantités limitées au cours de la consultation. 
Ils sont acquis avec l’aide de « Pharmaciens sans Frontières » ou sur budget propre de MdM.
 
Le lieu et les horaires 
 

CASU - 5, Rue de l'Imprimerie - 1190 Forest
Permanence de nuit assurée 3 jours sur 7 (
02/537.82.70)

 
Les volontaires de MdM
 

·               1 responsable de projet :  Dr Benoît Lahaye-Goffart

·               1 administrateur de projet : Marc Kremer

·               5 médecins bénévoles :
                  Marie Bruyns
                  Godelieve De Noos
      Christian Joos

André Leurquin
                   Jean-Pierre Van Mol

·               1 pharmacienne bénévole : Danièle Van Den Eynde

 
 Les résultats actuels
 

·  La personne est rencontrée dans son milieu, en situation réelle ce qui permet de voir le patient dans un contexte global (santé et social). Les médecins allant directement à la rencontre de la population de façon à la mettre en confiance, cela permet de briser les barrières (le médecin restant " quelqu'un à qui on ose se confier ") et d'apporter les soins médicaux nécessaires aux 'sans-abri' accueillis par le CASU.

·         Depuis le 24 décembre 1999, 2.905 consultations ont été données gratuitement aux plus démunis (soit une moyenne de 10 consultations par jour).

·     Les pathologies les plus fréquentes découvertes à cette occasion sont du domaine de la neuropsychiatrie, de la dermatologie et de la pneumologie. Les consultations ont permis de diagnostiquer dans 8% des cas des pathologies multiples.

·    La détection précoce des pathologies évite que celles-ci n'évoluent pas en pathologies lourdes, et a ainsi permis de réduire les interventions en urgence dans les hôpitaux publics (et donc la facture liée à la prise en charge de ces cas urgents)

·     Le travail de prévention doit être poursuivi sans relâche. On constate que la santé, tout comme des notions d'hygiène fondamentale, commencent à être à nouveau prises en compte par la population marginale qui a consulté

 
 
 
L'ACTION DE MEDECINS DU MONDE POUR L'ACCES DES 'SANS-PAPIERS' ET DES 'SDF' A LA MEDECINE SPECIALISEE 
 
Les objectifs
 

Population concernée : personnes en situation illégale

    + 'SDF' référés par un médecin généraliste (voir ci-avant)

·Offrir la consultation gratuite d'un médecin spécialiste

·Apporter les soins nécessaires

·Ecouter, rassurer, assister les 'sans-papiers' dans leurs démarches pour que leurs soins soient pris en charge (ouverture de dossiers d'aide médicale urgente)

 
La mission
 

L'accès aux soins, principalement aux consultations de spécialistes, se révèle souvent  laborieux pour les personnes en situation illégale et les 'SDF'. Le risque de voir se développer chez eux des maladies chroniques, contagieuses (tuberculose, hépatites, sida) est donc important, d’autant plus que les traitements pour affections chroniques (thyroïde, diabète, asthme, psychoses) ne peuvent être interrompus sans causer de graves dommages à la santé.

Depuis la fin de l'année 2000, Médecins du Monde organise une consultation médicale gratuite de divers spécialistes dans les domaines suivants : médecine interne, chirurgie, ORL, gynécologie, urologie, dermatologie, pédiatrie, ophtalmologie. Les consultations se tiennent sur rendez-vous une fois par semaine et sont assurées par des médecins bénévoles. Elles sont réservées aux personnes qui ne sont pas en règle avec la législation sociale ('sans-papiers' et 'sans-abri'). Les patients doivent obligatoirement être référencés par un généraliste, une structure médicale ou sociale confirmant leur situation de nécessité.

 

 
Le lieu et les horaires
 

Polyclinique d'Etterbeek - 2, Square Jean Joly - 1040 Etterbeek
Le jeudi soir de 17h30 à 19h30 (sur rendez-vous au 02/641.43.31)

 

Les volontaires de MDM

 

·                  1 administrateur de projet : Dr Denise Baillon-Tenzer

·                  1 coordinateur : Marc Kremer

·                  14 médecins :


- Jean-Marie Baillon, orthopédiste
- Fatima Benghezal, interniste
- Christian Bernard, dermatologue
- Pierre Blondiau, ORL
- Michel Bossens, gynécologue
- Claude Chevalier, urologue
- Monique Csoma, interniste
- Kathleen Hutsebaut, chirurgien
- G. Lebrun, ophtalmologue

- Lukenda Muenabantu, ophtalmologue
- Max Reignier, chirurgien
- Patricia Simon, médecin ORL

- Elie Vamos
- Serge Wesel, gynécologue

 

·                   8 bénévoles aux soins infirmiers, interprétariat, accueil
                            - Jacqueline Baud'huin
                            - Brigitte de Kemmeter
                            - Anne-France de Munter

- Karin Manneback
- Julie Massart

- Isabelle Mediavilla
- Zoïla Supo

- Martine Van Isacker

 
 
 Les résultats actuels
 
En l’espace d’un an (plus précisément de la mi-juin au 4 juillet 2002) 
la consultation de spécialiste a permis de soigner 373 personnes.
Les consultations qui ont été les plus fréquentées sont de l’ordre de :
-                la chirurgie (103 consultations)
-                la gynécologie (98 consultations)
-                l’ophtalmologie (58 consultations)
-                la médecine interne (38 consultations)
Les statistiques ont permis de connaître plus en profondeur l’origine des patients.
Il a d’ailleurs été mis en lumière que les femmes étaient beaucoup plus nombreuses à se rendre à la 
consultation que les hommes (243 contre 130 hommes).
La population est en grande partie originaire de l’Amérique du Sud. A eux seuls, les Equatoriens ont été 130 à se 
rendre à la mission.
Le travail social destiné à aider les patients dans leurs démarches administratives sont également primordiales

TEMOIGNAGES

Consultation gratuite de généralistes

 

·         Manu

Assis dans la salle principale du CASU avec son bol de soupe, Manu sort de sa poche la photo d’une petite fille. Il s’agit de sa fille de 2 ans et demi qu’il n’a plus vue depuis un an. Son épouse et lui sont séparés. Son ex-employeur lui doit toujours 5 mois de salaire. Manu a donc contracté des dettes et le peu qu’il arrive à gagner (il est électricien) sert à les rembourser et à payer l'appartement où vivent sa femme et sa fille. Bref, il n’a plus assez d’argent pour pouvoir envisager de payer la garantie locative indispensable pour avoir à nouveau un logement à lui, ni d’ailleurs pour espérer se soigner correctement. L’hébergement temporaire offert par le CASU lui permet de souffler un peu avant de repartir dans la rue. «Ce qui est bien ici, c’est que je peux être logé et soigné gratuitement. Ce n’est pas comme dans d'autres maisons d’accueil où on doit payer. Cela me permet donc de mettre un peu d’argent de côté. Sans cela  je ne pourrai jamais espérer m'en sortir »

 

·         Catty

39 ans. Elle vient consulter parce qu’elle souffre d’une infection aux poumons. De par sa vie dans la rue, elle souffre régulièrement de problèmes respiratoires « c’est la neuvième pneumonie que je fais ». Catty était toxicomane mais cela fait 3 ans et demi qu’elle n’a plus touché à la drogue. Elle est encore actuellement sous méthadone. Elle a dû quitter son appartement car elle y a fait une tentative de suicide et sa propriétaire lui a demandé de quitter les lieux. Catty n’a que sa mère comme famille et cette dernière refuse de la loger. Elle doit donc se débrouiller pour se loger dans la rue ou parfois dans des centres. « Ce n’est pas facile de trouver des places libres dans des centres et c’est encore plus dur quand on a l’étiquette de ‘toxicomane’».

 

·         Gon

Turque, elle est en situation régulière en Belgique mais malgré cela, la vie n’est pas facile pour elle. Cela fait deux ans qu’elle attend de pouvoir bénéficier d’une maison sociale et cela fait donc deux ans qu’elle est sans domicile fixe. Il y a encore un an elle  faisait des ménages pour gagner sa vie mais depuis, elle souffre du dos et ne peut donc plus travailler. Elle vient régulièrement se loger au CASU. Elle en profite parfois pour se faire ausculter par le médecin.

 

Consultation gratuite de spécialistes 

 

Originaire d’Equateur, elle attend patiemment avec sa fille de 6 ans et son mari dans la salle d'accueil de l'ancienne polyclinique d'Etterbeek. Elle est arrivée en Belgique depuis 3 ans pour fuir la situation économique et politique désastreuse de son pays. Depuis lors elle est en situation irrégulière dans notre pays et n’a donc pas droit à l’aide du CPAS. Elle fait actuellement des ménages pour subsister alors que, dans son pays d’origine, elle était responsable marketing d’une entreprise de produits pharmaceutiques. « Quand je suis arrivée en Belgique, je ne savais pas qu’on pouvait se faire soigner gratuitement. J'avais surtout très peur que ma fille ne tombe malade. Maintenant que je connais la consultation des spécialistes de Médecins du Monde, je suis soulagée. Je sais que, même si nous sommes sans papiers, on ne nous interdira pas d'être soignés. Aujourd’hui je viens consulter l’ophtalmologue parce que j’ai remarqué que je vois de moins en moins bien. J’epère que ce ne sera pas trop grave…»

 

Elle est venue avec son mari et sa fille Wendy qui a 7 ans. Elle est également originaire d’Equateur et vit en Belgique depuis 4 ans. Elle a été envoyée par un docteur de la maison médicale de St-Gilles. Elle est actuellement à la recherche d’un boulot mais «ce n’est pas évident lorsqu'on n'a pas de papiers ». Elle ne désire cependant pas rentrer dans son pays car la situation politique y est désastreuse. C’est la seconde fois qu’elle vient consulter le gynécologue.

 

Vasile est né en Pologne en 1956. Il était professeur de langues roumaines en Ukraine avant de venir s’installer dans notre pays. Il a demandé en son temps l’asile politique mais celui-ci ne lui a pas été accordé. Pour régulariser son permis de séjour, Vasile a besoin d’un avocat mais il n’a pas les moyens de s’en payer un. Il doit donc se rendre au Ministère de la Justice pour pouvoir bénéficier des services d’un avocat commis d’office. Il est déjà venu à la consultation pour des problèmes ophtalmologiques. Sa vue a en effet beaucoup baissé ces derniers mois, il ne parvient plus à lire correctement. Le médecin lui annonce qu’il s’agit d’un problème à la cornée. Il faudra que le  traitement soit suivi. Il devra donc revenir dans quelques semaines pour voir l’évolution de son traitement.

 « Les deux raisons pour lesquelles je viens ici à la consultation c’est que je n’ai pas assez d’argent pour aller à l’hôpital et surtout que je fais vraiment confiance aux médecins qui viennent ici  pour nous. Heureusement qu’ils sont là ! »

 


EN SAVOIR PLUS SUR MEDECINS DU MONDE
 
Médecins du Monde : de quoi s'agit-il?

 

Médecins du Monde est une association de solidarité internationale qui s'appuie sur l'engagement bénévole de ses membres, professionnels de la santé, pour porter secours aux populations vulnérables partout dans le monde.

 

Médecins du Monde a une double vocation :

 

Médecins du Monde-Belgique, après s'être constitué en 1997 comme bureau de représentation, forme depuis 1999 une délégation autonome. L'association est présidée par le Docteur Marie Bruyns, gynécologue. Le Conseil d'Administration est composé de 10 membres. Il définit la politique de l'organisation en toute indépendance. Médecins du Monde-Belgique emploie 4 employés permanents qui peuvent compter sur l'appui d'une dizaine de bénévoles.

Pour ses missions humanitaires dans notre pays et à l'étranger, Médecins du Monde recourt à des volontaires ayant une formation médicale ou une autre formation utilisable sur le terrain.

 

Médecins du Monde : un réseau international

 

Le réseau international de Médecins du Monde se structure en délégations et bureaux de représentation présents dans 17 pays : Allemagne, Argentine, Belgique, Canada, Chypre, Espagne, Etats-Unis, France, Grèce, Italie, Japon, Mexique, Pays-Bas, Portugal, Royaume-Uni, Suède et Suisse.

Un Secrétariat International organise la coordination des délégations, met en œuvre les décisions politiques du Conseil d'Administration International et assure la représentation de Médecins du Monde auprès des organisations internationales. Médecins du Monde International bénéficie du statut consultatif de rang général auprès du conseil économique et social des Nations Unies.

 

Le réseau International de Médecins du Monde s'occupe aujourd'hui de quelque 200 projets dans plus de 60 pays.

 

Médecin du Monde-Belgique sur les traces de Médecins du Monde-France

« pour que le même accès aux soins pour tous, y compris les plus pauvres, devienne réalité. »

 

Médecins du Monde-Belgique mène des actions destinées à lutter contre l'exclusion des soins dont les personnes en difficulté sociale sont victimes en Belgique.

 

Pour MdM-Belgique, la mission France a servi d’exemple et de modèle du genre.

 

La Mission France est née en 1986 pour aller au devant des plus démunis. A l’heure actuelle, Médecins du Monde-France est présent dans 28 villes en France. Cette mission agit au travers de 123 programmes et mobilise 2000 bénévoles se plaçant par là même en qualité de témoin de l’exclusion des soins des plus démunis. 24 centres d’accueil sont accessibles aux personnes nécessiteuses à travers la France.

Médecins du Monde a pris l’initiative d’aller vers les personnes souffrant le plus de l'exclusion. Ces pourquoi l'association développe des missions " hors centres " vers des populations marginalisées : travail de rue, dans les squats ou auprès des Tsiganes et des Roms. Parallèlement, ils ont développé des actions en direction des enfants : missions saturnisme et parrainage dans les hôpitaux et œuvre d'adoption internationale.


 

 

Quelques dates importantes de l'histoire de Médecins du Monde

 

§  1971 : Naissance du mouvement des « French Doctors » à l’initiative de Bernard Kouchner et d’autres médecins qui veulent rompre avec la neutralité et le silence des grosses organisations caritatives.

 

 

 

 

§   1994 -1995 : En France, Médecins du Monde développe sa politique de réduction des risques de propagation du virus du Sida liés à l'utilisation des drogues. C'est aussi la création, mi-novembre, de la première Journée Nationale d'accès aux soins pour tous qui depuis se renouvelle chaque année. Avec la publication en 1995 de ses " 10 propositions pour améliorer l'accès aux soins pour tous ", Médecins du Monde réaffirme la priorité de l'accès aux soins pour tous, sans exclusion.

 

§1997 : Création du bureau de représentation de Médecins du Monde en Belgique, dans le but d'initier et de mener à bien des actions de médecine humanitaire à partir de notre pays. MdM a choisi de s’installer en Belgique sur la proposition de médecins belges conduits par la gynécologue Marie Bruyns, qui avait déjà participé à des missions menées par la délégation française de MdM notamment en Afghanistan. Ces personnes ont estimé qu’à côté de la dimension énorme atteinte en Belgique par d’autres ONG spécialisées en médecine humanitaire, MDM pouvait faire entendre une voix différente en assurant une réelle proximité avec la société civile belge


Infos utiles

 

Coordonnées :                      Médecins du Monde
                                                             rue de Mérode, 216
                                              B-1060 Bruxelles

                                                             Tél : 02 / 648.69.99 – Fax : 02 / 648.26.96

                                              e-mail : info@medecinsdumonde.be

                    

Site internet:                                        www.medecinsdumonde.be

 

Compte (pour les dons):      000-0000029-29

 

 

 

Pour plus d’informations sur les missions de Médecins du Monde en Belgique

 

·         Médecins du Monde

Marc Kremer, coordinateur des missions belges  : 0478.42.72.86

Jean-Claude Vitoux, responsable Marketing & Communication : 02.648.69.99

 

·         Origami

Fabienne Smets, PR Consultant  : 02.539.07.04 – info@origami.be

 

[1] Baromètre social 2000 des Mutualités Socialistes : accessibilité et report de soins de santé

[2] En savoir plus sur les structures d’accueil pour sans-abris :                                            http://www.vpresence.com/social/fr/index.htm

[3] Centre d'Action Sociale d'Urgence  5, Rue de l'Imprimerie - 1190 Forest     TEL : 02/537.82.70

[4] La Fontaine 13, rue des Fleuristes, 1000 BRUXELLES     TEL:02/ 512.74.11