Ecrire par passion, par désir, pour le dire, pour se taire, pour le faire.

Sans passion, sans émotion.

Froide comme la pierre qui souffre en silence l’usure du temps qui passe sans répit, sans colère mais qui marque la roche de son inéluctable froideur.

De son manque de compassion, le temps martèle mes tempes, ride ma peau et flétris ma chaire.

Le temps me tue.

Le temps me réduit au silence.

Dans l’oubli des mots qui martèle mes silences, il ne reste que les os, que le squelette de mon existence. Une souffrance perpétuelle qui plus que le temps m’usent de l’intérieure.

Si le silence est d’or et la parole d’argent que tombent les écus, les pesos, les dollars, ses monnaies sonnantes dont la seule résonance sont les quelques sous jetés dans l’écuelle du mendiant.

Je voudrais avoir perdu la mémoire.

Ne pas me rappeler, sur les bancs de l’école, la vertu de la compassion, de la charité et de l’amour.

 

 

 

Depuis quarante ans j’entends les dérives de ce monde, la douleur des peuples meurtris dans leur chaire et leur âme, la puissance de l’argent, de l’éducation, de la restriction, l’autodestruction de ce monde. Depuis toujours, je vis dans un univers qui ne me ressemble pas, que je ne connais pas, une toile de fond qui s’effrite à la moindre de mes respirations, un univers que cartes qui s’écroulent sans répit, sans résistance, laissant apparaître les failles de toutes réflexions