La situation des droits humains en Chine depuis juin 1989
 
Auteur
Amnesty International
 
Editeur
EFAI
 
Parution
  14/4/2004
 
Réf
ASA 17/015/2004
     


CHINE-UNION EUROPÉENNE

La situation des droits humains en Chine depuis juin 1989


Index AI : ASA 17/015/2004
ÉFAI
Embargo : mercredi 14 avril 2004 (08h45 TU)

ANNONCE À L’ATTENTION DES MÉDIAS

Le Conseil de l’Europe […] condamne sévèrement la répression brutale en cours en Chine. Il exprime sa consternation devant la continuation des exécutions malgré tous les appels de la communauté internationale. Il demande solennellement aux autorités chinoises de mettre fin aux exécutions et aux actions répressives contre ceux qui revendiquent légitimement leurs droits démocratiques.

Le Conseil de l’Europe demande aux autorités chinoises de respecter les droits de l’homme et de prendre en compte l’espoir profond de liberté et de démocratie de la population. Il souligne que c’est un élément essentiel dans la poursuite de la politique de réformes et d’ouverture qui a été soutenue par la Communauté européenne et ses États membres.”
Déclaration du Conseil européen de Madrid, 26 et 27 juin 1989 [Traduction non-officielle].

“Il serait bien plus facile de négocier la levée de l’embargo si le gouvernement chinois prenait des mesures concrètes pour améliorer la situation des droits de l’homme”.
Chris Patten, Commissaire chargé des relations extérieures de l’Union européenne, “China presses EU to lift arms embargo”, AFP, 8 mars 2004 [Traduction non-officielle].

L’embargo de l’Union européenne sur les ventes d’armes à la Chine

Cet embargo a été instauré le 27 juin 1989 après la réaction brutale des autorités chinoises face aux manifestations en faveur de la démocratie et des réformes politiques. Les manifestations ont débuté à Pékin en avril 1989 et se sont étendues rapidement dans le pays. Elles ont culminé durant la nuit du 3 au 4 juin 1989 sur la place Tiananmen avec l’intervention de l’armée qui s’est soldée par des centaines de manifestants pacifiques tués ou blessés.

Par la suite, des dizaines de milliers de personnes ont été arrêtées à travers le pays. Beaucoup d’entre elles ont été torturées ou ont été victimes de mauvais traitements de la part de la police ou de l’armée et en conservent souvent des séquelles psychologiques ou physiques. Certaines ont été condamnées à de lourdes peines de prison à l’issue de procès inéquitables, d’autres ont été condamnées à mort et exécutées.

A l’approche du 15e anniversaire des événements de 1989, des dizaines de personnes sont encore emprisonnées en Chine ou vivent en exil pour y avoir participé. Les autorités chinoises continuent de faire la sourde oreille aux demandes des défenseurs des droits humains en Chine et à l’étranger qui réclament des enquêtes approfondies et indépendantes sur ces événements.

L’héritage de Tiananmen: les arrestations se poursuivent

Bien qu’intimidées et persécutées par le gouvernement, les Mères de Tiananmen, un réseau de plus de 130 familles de victimes de la répression de 1989, continuent à militer en faveur de la justice. Trois de ses membres, dont Ding Zilin, une porte-parole renommée du réseau, ont été arbitrairement arrêtées le 28 mars 2004, sans doute pour les dissuader de commémorer l’anniversaire des événements de juin 1989. Elles ont été libérées le 2 avril 2004.

Des militants chinois qui ont demandé publiquement la révision du point de vue officiel sur ces événements ou une enquête sur la répression ont été arrêtés et parfois emprisonnés. Parmi eux :

Huang Qi, ingénieur en informatique, avait crée son propre site web consacré aux personnes disparues. Ce site a évolué en forum de discussion sur les abus de pouvoir commis par les autorités locales, avec des informations sur le mouvement indépendantiste dans la région autonome ouïghoure du Xinjiang et sur le Fa Lun Gong, mouvement spirituel interdit. La veille du 11e anniversaire de la répression des manifestations sur la place Tiananmen en 1989, jour de l'arrestation de Huang Qi, des messages critiquant les autorités avaient été publiés sur son site web. Figurait parmi ces messages le récit d'une mère qui accusait la police d'avoir battu à mort son fils durant les manifestations de 1989. Huang Qi a été condamné à cinq ans de prison pour “incitation à la subversion”. Parmi les “preuves” retenues contre lui, se trouvait une référence à un document d’Amnesty International sur la répression de juin 1989 qui figurait sur son site web.

Yan Jun, professeur de biologie, a été accusé d’ “incitation à la subversion” pour avoir publié sur Internet des textes critiques vis-à-vis de la répression de juin 1989 et avoir réclamé davantage de démocratie. Il aurait été passé à tabac par ses codétenus agissant sur ordre de la police lors de sa détention provisoire. Il a été jugé en secret en octobre 2003 et condamné à deux ans de prison.

Wang Jinbo, membre du Parti démocratique de Chine qui est interdit, a été condamné en 2002 à quatre ans de prison pour avoir publié des articles sur Internet dont l’un demandait au gouvernement la révision de son appréciation des événements de juin 1989 considérés comme “contre-révolutionnaires”. Ses codétenus l’auraient roué de coups à plusieurs reprises sans que les autorités n’interviennent.

Wang Wanxing aurait tenté en 1992 de dérouler une bannière sur la place Tiananmen pour commémorer les événements de 1989. Il a été arrêté et interné à l’hôpital psychiatrique Ankang à Pékin où il se trouve depuis douze ans. Sa femme milite sans relâche pour sa libération en affirmant que ce n’est pas un malade mental.

Toujours des violations graves et généralisées des droits humains

Le bilan de la Chine en termes de droits humains reste très mauvais. Il n’y a que peu de signes qui montrent que les autorités ont la volonté de procéder aux réformes juridiques et institutionnelles voulues pour mettre fin aux violations graves et généralisées qui se perpétuent depuis quinze ans.


Internet: censure et répression

Amnesty International a exprimé à plusieurs reprises sa préoccupation devant le nombre croissant de personnes arrêtées ou condamnées en Chine pour avoir exprimé pacifiquement leur opinion sur Internet ou pour avoir téléchargé des informations. Fin 2004, au moins 60 personnes étaient détenues après avoir accédé ou fait circuler sur Internet des informations politiquement gênantes pour le gouvernement. Des moyens de contrôle draconiens ont été mis en place depuis 2000 et la censure sur Internet par le gouvernement chinois est considérée généralement comme la plus répressive qui soit. Ces dernières années, le gouvernement a bloqué régulièrement l’accès à plusieurs sites d’organisations en faveur des droits humains, dont celui d’Amnesty International, ainsi qu’à plusieurs sites d’informations internationales.

Peine de mort

La Chine continue à exécuter plus de personnes que tout le reste du monde. Les exécutions ont lieu après des procès qui ne respectent en rien les normes internationales reconnues en termes de procès équitable. Conséquence de l’interférence entre justice et politique, la peine de mort continue à être infligée fréquemment et arbitrairement. Elle est prononcée tant pour des infractions sans violence physique comme la fraude fiscale ou le proxénétisme, que pour des infractions liées à la drogue ou des actes de violence.


Torture, procès inéquitables, détention administrative

La torture et les mauvais traitements restent fréquents dans les postes de police, les prisons et les camps de travail. Il s’agit notamment de coups de pieds, de passages à tabac, de chocs électriques, de pendaison par les bras, d’entrave aux mouvements du corps maintenu par des chaînes dans une position douloureuse, de privation de sommeil ou de nourriture. Les personnes inculpées, que ce soit pour une infraction de nature politique ou de droit commun, ne bénéficient pas d’une procédure équitable et le contact des détenus avec un avocat ou avec leur famille est sévèrement limité. Le système chinois de “rééducation par le travail” permet toujours la détention de centaines de milliers de personnes sans inculpation ni procès pour une durée qui peut atteindre trois ans.

La répression au Tibet

Malgré la libération avant terme de plusieurs prisonniers d’opinion connus, la répression contre les dissidents politiques et la restriction imposée à la liberté religieuse se perpétuent au Tibet. Ainsi, en février 2004, un jeune moine a été arrêté dans son monastère parce qu’il avait une photo du Dalaï Lama et en mars 2004 un chanteur populaire a été arrêté à cause du contenu politique de ses chansons. Ces arrestations sont en augmentation depuis quelques mois, mais les autorités chinoises refusent de divulguer quelque information que ce soit sur le statut ou le lieu de détention des personnes arrêtées.


Répression de la communauté ouïghoure

Les autorités continuent à utiliser la “guerre contre le terrorisme” pour justifier une répression sévère de la communauté ouïghoure à majorité musulmane dans la région autonome ouïghoure du Xinjiang, dans le nord-est de la Chine. Plusieurs mosquées ont été fermées, l’utilisation de la langue ouïghoure a été limitée et des livres et des journaux en langue ouïghoure ont été interdits. La répression contre des individus qualifiés de “séparatistes, terroristes ou extrémistes religieux” a redoublé d’intensité depuis le renouvellement au nom de la sécurité de mesures exceptionnelles restreignant les libertés pendant une période de cent jours. Ces mesures avaient été instaurées une première fois pour la même durée en octobre 2003. Il y a toujours des arrestations et des centaines de prisonniers politiques, dont des prisonniers d’opinion, restent en prison.


Répression des groupes de nature religieuse ou spirituelle

Les membres de groupes religieux ou spirituels non reconnus par les autorités, dont des groupes pratiquant le Qi Gong et des groupes chrétiens non déclarés, continuent d’être détenus arbitrairement et à être victimes de torture ou de mauvais traitements. Des membres du mouvement Fa Lun Gong, dont un grand nombre de femmes, risquent de subir des actes de torture, dont des sévices sexuels, en particulier s’ils refusent de renoncer à leur croyance.


Questions d’Amnesty International à l’Union européenne

Pour quelles raisons l’UE estime-t-elle opportun de lever l’embargo sur les ventes d’armes à la Chine?

Quel message cela constituera-t-il pour les autorités chinoises, pour les victimes de la répression et pour le nombre croissant de militants chinois emprisonnés à cause de leur action pacifique en rapport avec la répression de 1989?

Quel message cela constituera-t-il pour les défenseurs des droits humains en Chine comme Ding Zilin?

Quels sont les autres moyens dont dispose l’UE pour manifester sa préoccupation face à l’impunité persistante qui entoure la répression de juin 1989 et pour encourager les autorités chinoises à y mettre fin?

Quelles autres mesures l’UE va-t-elle adopter afin que les autorités chinoises n’interprètent pas la levée de l’embargo comme une preuve de son indifférence à l’égard des victimes de la répression de 1989, des personnes emprisonnées depuis cette époque et des personnes qui sont arrêtées encore aujourd'hui parce qu’elles demandent au gouvernement chinois de réviser son jugement sur ces événements?

GENDHUN, UN ENFANT TIBETAIN DE 15 ANS, PASSE SON ANNIVERSAIRE EN DETENTION...
C'EST UN DES PLUS JEUNES PRISONNIERS POLITIQUES DU MONDE !

MANIFESTATION A PARIS POUR LE JEUNE PANCHEN LAMA

LE DIMANCHE 25 AVRIL 2004 A 14H
Avenue Gustave Eiffel (au pied de la Tour Eiffel)
Métro: Bir-Hakeim ou RER : Champ de Mars

 

Remise de pétition à l'Assemblée Nationale

(Communiqué de Solidarité Tibet)

Mercredi 14 avril 2004, dans le 4e bureau de l 'Assemblée Nationale, l'association Solidarité Tibet a remis officiellement près de 120 000 signatures (119 226 pour être exact) à M. Lionnel Luca président du groupe d'étude parlementaire pour le problème du Tibet. La pétition, relayée par l'ensemble des associations françaises pour le Tibet et coordonnée par Solidarité Tibet, demande la libération du Panchen Lama, le plus jeune prisonnier du monde.
Étaient présents, Lionnel Luca, Richard Cazenave et plusieurs députés membres du bureau du groupe Tibet, Messieurs Tashi Phuntsok et Wangpo Bashi pour le Bureau du Tibet, Guillaume, le chanteur du groupe Blankass et des journalistes.
Plusieurs interventions ont eu lieu : Vincent Milleret, en tant que président de l'association coordinatrice de la pétition pour les associations françaises pour le Tibet, M.Tashi Phuntsok pour le bureau du Tibet, Guillaume de Blankass au nom des artistes engagés pour la cause dans la compilation Tibet Libre et dans la campagne de pétitions.
M. Luca s'est formellement engagé devant toutes les personnes présentes à remettre rapidement ces pétitions à M. Chirac. Il est déjà en contact avec son cabinet et avec le ministre des affaires étrangères à ce sujet, un rendez-vous a été pris pour début mai.
De plus, le groupe Tibet a prévu de recevoir le Premier ministre tibétain Samdhong Rimpoche fin Mai à l'Assemblée Nationale.
Enfin, M. Luca nous a indiqué qu'il avait pris acte des signatures de Hu Jintao et de Jacques Chirac de la déclaration conjointe franco-chinoise fin Janvier, dans laquelle le problème des Droits de l'Homme en Chine a été abordé, (cf. ci-dessous) il considère que cette signature est un préalable intéressant à mettre en avant lors des discussions à venir sur le problème du Tibet
Il va sans dire que la campagne de pétitions est toujours d'actualité, que nous restons vigilants et que nous continuons à collecter les signatures.

(...) "Renforcer la coopération en faveur des droits de l'Homme et de l'Etat de droit :
La France et la Chine soulignent la nécessité de promouvoir et de protéger les droits de l'Homme conformément aux buts et principes de la Charte des Nations Unies, en respectant l'universalité de ces droits, et estiment que tout en tenant compte des spécificités de chacun, il est du devoir des Etats de promouvoir et de protéger tous les droits de l'Homme et toutes les libertés fondamentales. Elles estiment que le respect des droits de l'Homme est une des conditions nécessaires au développement harmonieux de tout pays et confirment l'importance du Pacte international relatif aux droits économiques, sociaux et culturels, du Pacte international relatif aux droits civils et politiques et des autres conventions internationales concernées. La Chine a créé un groupe de travail pour ratifier dans les meilleurs délais le Pacte international relatif aux droits civils et politiques. Les deux parties soulignent l'importance du dialogue euro-chinois sur les droits de l'Homme et souhaitent son renforcement." (...)
(Source : Ambassade de Chine. Déclaration complète)
Source du communiqué : Solidarité Tibet

Ajouté le mardi 20 avril 2004 par Tibet info

http://www.tibet-info.net/

http://www.tibet.fr/index.html

http://www.inspiration-productions.com/francais/accueil.htm

http://lagazettetibetaine.info/index.php

http://neverland.net/bati/tibet/index.html

 

 

 

 

Maison des Himalayas : logo

http://web.amnesty.org/pages/chn-220304-feature-fra

Chine. Peine de mort: des exécutions «conformes au droit»?

La peine capitale vient d'être prononcée contre cette femme. Elle va être exécutée juste après le verdict, comme trois autres personnes accusées d'infractions à la législation sur les stupéfiants.

La République populaire de Chine enregistre toujours un nombre d'exécutions judiciaires supérieur à celui de tous les autres pays du monde réunis. La Chine est certes le pays le plus peuplé de la planète, mais il est possible qu'elle exécute une plus grande proportion de la population que tout autre pays, à l'exception de Singapour, l'un des États qui comptent le moins d'habitants.

Un système qui n'obéit qu'à ses propres règles

 

http://web.amnesty.org/library/fra-chn/index