Tchetchenie         un génocide qui n'existe pas.......

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Solidarité/article
«Les Tchétchènes n'ont même pas le droit à la vie»


   SIMON PETITE

Paru le Jeudi 08 Avril 2004 dans Le Courrier (CH)

 

. PORTRAIT -

La tchétchène Lida Yusupova a reçu, hier, le prix Martin Ennals. Une pierre dans le jardin du Kremlin pour qui la situation dans la république se normalise.

Elle avoue timidement avoir été très surprise. Lida Yusupova, coordinatrice du bureau de Memorial à Grozny, est la 11ème lauréate du Prix Martin Ennals qui récompense chaque année le courage d'une ou un> défenseur des droits humains. Elle a reçu son prix hier à> Genève1, le dédiant aux rares observateurs qui documentent encore les violations des droits de l'homme en Tchétchénie. Même Memorial, la plus ancienne et prestigieuse organisation russe de défense des droits de l'homme n'est pas à l'abri en Tchétchénie. Le 18 juillet 2002, les forces fédérales russes faisaient irruption dans les locaux de l'ONG à Grozny. Une année plus tôt, l'équipe de Lida Yusupova avait été explicitement menacée de mort par le commandant militaire russe en Tchétchénie.>

Memorial venait de dénoncer les exactions des forces fédérales, particulièrement lors des opérations dites de nettoyage. A ces occasions, des dizaines de suspects - des hommes en âge de porter des armes - sont arrêtés. Avocate depuis quatre ans, Lida Yusupova défend les personnes accusées de terrorisme ou de collusion avec la résistance tchétchène, soit les chefs d'accusation les plus   graves. Peu après avoir accédé au barreau de Grozny, sa ville natale, Lida Yusupova entre à Memorial. «Je me souviens de ces jours et de ces nuits passés dans les caves lors du siège de la ville en 1999. Sous les bombardements massifs, je lisais dans les regards des enfants et des vieillards une impuissance infinie», raconte-t-elle L'avocate jure alors qu'elle «fera tout pour empêcher cela une nouvelle fois». Quelques mois plus tard, Moscou décrète «la fin» de ses opérations militaires. Memorial recherche quelqu'un pour diriger son tout nouveau bureau de Grozny. «Mon destin était fixé», lance-t-elle.


ILLUSOIRE NORMALISATION

Lida Yusupova et son équipe offrent une assistance juridique gratuite aux Tchétchènes. «Le principal problème auquel nous sommes confrontés est celui des disparitions forcées. Les gens viennent nous voir parce qu'ils sont sans nouvelles d'un proche arrêté par les Russes», affirme la lauréate du prix Martin Ennals. Memorial remue ciel et terre pour avoir des informations sur leur lieu de détention. Le plus souvent en pure perte. «On retrouve parfois les cadavres, qui portent des stigmates évidents de torture. Mais, généralement, les détenus disparaissent sans laisser de trace», soupire Lida Yusupova. Les cas de ce genre tranchent avec le discours du Kremlin selon lequel la situation dans la république rebelle serait en voie de normalisation. «Rien n'est plus éloigné de la réalité. Les Tchétchènes n'ont aucun droit, même pas celui à la vie», rétorque, cinglante, la défenseur des droits humains.


«TERREUR STALINIENNE»

«Trois mille personnes ont disparu depuis 1999», souligne Oleg Orlov, qui travaille pour Memorial à Moscou. Ce chiffre peut difficilement être taxé de propagande indépendantiste puisqu'il vient de l'administration prorusse. Soit un Tchétchène sur 200. «Ce qui équivaut, selon Oleg Orlov, au pourcentage de la grande terreur stalinienne» qui a fait des centaines de milliers de victimes entre 1937 et 1938. «Les pays occidentaux préfèrent ménager l'immense Russie, pourvu qu'elle poursuive son chemin vers la démocratie, poursuit Oleg Orlov. Ils ne veulent pas voir la renaissance des méthodes staliniennes.» Selon Memorial, les forces russes enlèvent désormais   les familles de combattants tchétchènes pour obtenir leur reddition, méthode utilisée sous Staline contre les indépendantistes ukrainiens ou biélorusses. «Le courage de Lida Yusupova est à mettre en parallèle avec les tergiversations de la communauté internationale», a renchéri Irene Khan. La secrétaire générale d'Amnesty International a rappelé que la Commission des droits de l'homme, réunie ces jours-ci à Genève, hésitait encore à présenter une résolution condamnant Moscou pour ses exactions en Tchétchénie.

Lida Yusupova espère que le prix Martin Ennals contribuera à faire connaître la situation tragique de son pays. L'avocate puise sa détermination dans la mémoire «des milliers de victimes du conflit». Elle continuera «tant que des gens auront besoin de nous».

> Note : 1 La cérémonie de remise du prix Martin Ennals ainsi que l'émission Zig Zag Café consacré à Lida Yusupova seront retransmises le mercredi 14 avril à 9 h sur TV5.


Retour forcé des réfugiés


  «Comment parler de normalisation, alors que les Tchétchènes ne savent pas s'ils verront le lendemain?» questionne Lipkan Basajewa, qui dirige le bureau de Memorial à Nazran, capitale de l'Ingouchie voisine. Selon l'ONG, les disparitions se poursuivent au rythme d'une quinzaine par mois. Et Memorial n'est présente que dans un tiers de la Tchétchénie.
La présence de 200 000 réfugiés au Daghestan et surtout en Ingouchie représentait un cinglant démenti aux propos rassurants du Kremlin. Raison pour laquelle les forces russes se sont engagées dans une campagne de harcèlement des réfugiés pour que ceux-ci retournent en Tchétchénie.

«A partir du début 2003, ils ont été privés d'aide humanitaire. Dans les camps, les coupures de gaz et d'électricité sont devenues de plus en plus fréquentes», énumère la défenseur des droits humains. Si bien qu'il ne reste en Ingouchie plus que 6 à 7000 réfugiés tchétchènes. Médecins sans frontières (MSF) avance le chiffre légèrement supérieur de 8000. Plutôt que de rentrer chez eux (98% des réfugiés y étaient hostiles, selon un sondage réalisé par MSF en février 2003), la plupart des réfugiés se sont dispersés en Russie ou ont tenté leur chance en Europe occidentale. «Cinquante mille Tchétchènes y ont demandé l'asile», estime Sarah Reinke, de la Société pour les peuples menacés. «Le président kazakh vient de recevoir une pétition de 5000 Tchétchènes le priant de pouvoir rester au Kazakhstan. Pays où les habitants caucasiens avaient pourtant été déportés par Staline», mentionne Lipkan Basajewa.
Les 20 à 30 000 réfugiés revenus en Tchétchénie ont-ils été convaincus par les autorités russes qui leur promettaient une vie meilleure? Après dix ans de guerre, seulement 20% des logements sont encore debout. Grozny est un champ de ruines. Nonante-deux pour cent des 50 000 habitants de la capitale (sept fois moins que durant les années 1980) sont au chômage. Ces chiffres ont été récoltés par l'Organisation mondiale contre la torture (OMCT)1.

Génocide?

L'OMCT dénonce les conditions sanitaires catastrophiques prévalant en Tchétchénie. Le taux d'infections à la tuberculose y est trois à quatre fois plus élevé que dans le reste de la Russie. De plus en plus de Tchétchènes souffrent de graves troubles psychologiques causés par la poursuite du conflit.

"Le crime de génocide n'implique pas forcément d'éliminer les gens.
Dans notre cas, il suffit de rendre la survie de la nation tchétchène impossible», accuse Lipkan Basajewa, reprenant une allégation communément formulée par les Tchétchènes.

«La vérité est connue. Mais aucun politicien ne veut s'y intéresser», déplore Nicolas Borsinger, du comité genevois de solidarité avec la Tchétchénie. Association qui, en compagnie du Groupe pour une Suisse sans armée (GSsA), organisait lundi dernier une conférence publique. «Afin que cette monstruosité sans égale en Europe ne sombre pas dans l'oubli.»


LES VEUVES RÉCLAMENT LA VÉRITÉ

Le 31 mars dernier, plusieurs centaines de femmes tchétchènes ont bloqué l'entrée de l'administration prorusse à Grozny, rapporte l'Associated Press. Elles réclamaient des nouvelles de proches enlevés cette année et dont elles restent sans nouvelles. «Notre peuple est torturé et tué, mais on n'appelle pas cela du terrorisme», s'est indignée Tabark Elbourzaïeva, du village de Douba-Yourt, où, selon les habitants, des hommes armés ont emmené huit jeunes lors d'un raid quelques jours plus tôt. Selon les habitants de la localité, située à 35 kilomètres au sud de Grozny, la police tchétchène leur a déclaré que leurs proches étaient détenus dans la base militaire russe de Khankala près de la capitale.
«Certains cas montrent que, s'agissant des disparitions, forces russes et policiers tchétchènes travaillent main dans la main: les premiers procèdent aux arrestations et les seconds perçoivent les rançons pour leur libération», explique Lipkan Basajewa. Ce genre de manifestations se multiplie. «Les femmes doivent assumer de nouvelles responsabilités au sein de la société tchétchène», commente Lipkan Basajewa. Elle pointe l'absence des hommes, qui sont décédés, se cachent dans la peur d'être raflés ou ont pris les armes. Mais les femmes sont de moins en moins à l'abri des arrestations, depuis que certaines d'entre elles ont commis des attentats-suicides. SPe/AP

Note : 1«Chechnya: No means to live», janvier 2004.

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François Soltic

IdF

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courrier tchecthene

  ©photographie de Aude Merlin

 


PRESSE

LE MONDE | 11.05.04

L'Express du 17/05/2004

LE MONDE | 19.05.04


S'informer....Comprendre.......Agir

http://www.comite-tchetchenie.org/

medecins du monde: rapport  2004

http://www.fidh.org/europ/russie/campagne.htm

http://www.liberation.fr/sitesearch/consult5/index.php

http://www.courrierinternational.com/

http://www.monde-diplomatique.fr/1995/09/CHAUVIER/1749

http://www.fidh.org/communiq/2003/fr1310f.htm

http://www.bensemra.com/index.htm

http://www.msf.fr/site/actu.nsf/actus/lechardon201003?OpenD

ocument&loc=au

MSF

Tirées d'un reportage effectué en février 2003 en Ingouchie, avant le démantèlement des camps...

Elles s'inscrivent entre recherche documentaire et photographie militante.

Cette histoire ne m'a pas lâché pas le corps.

A mon sens, toutes les actions qui tenteraient de lever le voile sur cet insupportable merdier sont louables.

 

 Il représente une autorité religieuse, démêle des conflits entre réfugiés.Comme la plupart des Tchétchènes, il est en Ingouchie depuis 3 ans. Il a été contraint de quitter son village, près d¹Urus Martan.

Il est rescapé d¹un camp de filtration et comme si cela ne suffisait pas, il a eu d¹énormes problèmes avec les services secrets russes quand une représentante des Droits de l¹homme qui l¹avait filmé après un entretien s¹est fait arrêter à l¹aéroport de Moscou et que les cassettes furent confisquées. C¹est pourquoi, il n¹a plus confiance dans les journalistes.

« Ici, c¹est pas une situation. Mon fils aîné de 25 ans a été tué par balles dans le camp. Il ne me reste que le petit de quatre ans. » Et trois filles.

 « Ne parlez pas des coupures de gaz, des problèmes dans le camp.L¹important, par-dessus tout, c¹est de rentrer ! »

 

Squatt dans une ancienne usine de pain par plusieurs familles. Banlieue de Nazran.

 

 

Travail des psychiatres et psychologues de Médecins du Monde dans une tente au camp de Spoutnik. Ce garçon façonne en pâte à modeler ce qu¹il connaît le mieux..

 

Vers Altievo.

 

Vers Altievo. Les étables, divisées en boxes, sont réhabilitées en logements. Dans chaque box, une famille.

Corvée d¹eau sur robinet improvisé... Squatt dans une usine de Karabulak.

Camp de Karabulak.

 

.©seb geo

http://web.amnesty.org/library/Index/FRAORG100032004

Le Prix Martin Ennals est attribué à une Tchétchène, pour sa défense des droits humains© MEF / Rob Brouwer, All Rights Reserved.

 ACTIONS........

http://www.comite-tchetchenie.org/

 


Anne Nivat

 « En tant qu?envoyée spéciale en Tchétchénie, je suis fière, mais également profondément triste d?avoir pu apporter mon témoignage sur ce sombre conflit. En 1999, c?était mon devoir de journaliste ; aujourd?hui, cela reste mon devoir tout court. C?est pourquoi j?ai décidé de publier ces nouvelles pages sur cette guerre qui se perpétue dans l?indifférence quasi générale et dont on pourra bientôt dire qu?elle n?aura pas eu lieu. »

 Anne Nivat a été reporter free lance en Tchétchénie entre septembre 1999 et février 2000, pour "Libération" et "Ouest France". Ce livre raconte cette expérience, sa première expérience de la guerre.

 illustration"Le chardon tchétchène"

"Mieux vaut une fin horrible qu'une horreur sans fin".

C'est avec cette inscription sauvage sur un pont de Grozny que s'ouvre "Le chardon Tchétchène", le dernier livre de Laurence Binet, paru dans la collection J'Accuse!, Syros Jeunesse.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

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